Pieds rebelles
Quand j'aurai trouvé comment afficher ces liens en permanence je le ferai (je vous ai prévenu que j'étais une bille en informatique ...) , en attendant , je vous conseille d'aller faire un tour sur ces deux blogs de Françaises à l'étranger : E. , du Mexique , et la désormais célèbre Pasfolle , du Texas .
Moi qui ne vis plus à l'étranger depuis environ 17 ans , je ne pourrai évoquer que mes souvenirs de voyage ... J'aurai certainement quelques anecdotes sur l'Afrique de l'Ouest . Je crois bien avoir idéalisé ce fragment spatio-temporel de ma vie , aujourd'hui ... je me sens un peu Ivoirienne de coeur , même si ça n'est plus guère légitime . Mais je chéris mes anciennes images , et plus que cela l'expérience de la belle âme africaine , sa générosité , sa simplicité dans ce que ce terme a de plus noble , son courage et sa joie de vivre . Je me souviens de m'être fait souvent gronder parce que je jouais avec les enfants de mon âge pieds nus comme eux , à taper dans des petits ballons de fortune faits de bric , de broc , et de bouts de chambre à air ... déjà , toute petite , j'étais pieds nus été comme hiver , sur le carrelage de notre maison beaujolaise . Pieds nus sur le sable , pieds nus dans l'herbe , même encore à douze ans dans les rues de Valras-plage , pieds nus encore aujourd'hui chez moi . Déjà que j'ai le pied large , j'ai pris de plus une pointure avec l'âge : mes pieds se rebellent-ils ? Les pantoufles me semblent inutiles , et les chaussures m'étouffent . Comme il faut bien en porter , pour ne pas avoir froid ou par décence , je vis la plupart du temps en petites baskets (et l'été en sandales confortables) dont je me réjouis que certaines aient adopté un look plus citadin . Je ne supporte plus les talons pointus des chaussures pointues , que je souffrais à peine et épisodiquement à vingt ans . Certains esthètes trouveront cela dommage : je les invite à porter des talons aiguilles pendant toute une soirée et à me faire ensuite leur compte-rendu !
En fait , je dois être claustrophobe des pieds ! Je regarde les hyper-féminines perchées sur leurs stilettos toute la semaine avec un mélange d'envie ( parce que c'est joli , tout de même , un talon haut ) et d'incompréhension . Les fétichistes boulimiques qui passent un quart d'heure à vous parler des trésors de leurs placards pleins de pompes à craquer sont pour moi d'un autre monde : j'ai renoncé à les comprendre sans études d'ethnologie !
Un autre souvenir me revient soudain , corse celui-là . Eté 1978 , La plage accessible uniquement par bateau , et quelques familles qui avaient planté leur tente dans le maquis , et fabriqué des petits auvents au-dessus de bancs et de tables en bois du coin . Vivre pieds nus faisait mal ... et puis quelques jours plus tard la plante de nos pieds se tannait , devenait si dure que même les épines des chemins maquisards ne nous faisaient plus peur . On avait alors gagné nos galons de petits sauvages , et la possibilité de courir partout . Le soleil imposait sa loi entre douze et seize heures , mais ensuite le maquis , la plage , la mer et même ce grand rocher duquel nous sautions en criant se soumettaient à nos jeux inépuisables ...
Par moins cinq degrés à l'extérieur , voilà un souvenir qui me fait chaud au coeur !

